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mark attacks
by mathieu carratier

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aprés un premier film devenu invisible et une décennie dédiée à la réalisation de clips, mark romanek revient au cinéma. il était temps.

deuxième film. «static [réalisé en 1985], mon premier long, a été à peine distribué aux états-unis. cet échec ne m'a vraiment pas encouragé à terme les autres projets que j'avais à l'époque. c'est alors que j'ai eu la chance de me lancer dans le clip, et, pendant les dix années qui ont suivi, je m'y suis entièrement consacré. avec un certain succès, si bien que l'on me proposait régulièrement de réaliser des longs métrages, qui ne correspondaient pas, malheureusement, à mes envies de gros films de studio, genre franchise... ce n'est pas que je rejette cela, il y a des films de ce type que j'aime. mais voir à quel point alien3 a été une expérience désagréable pour david fincher, dont je suis très proche, n'est pas particulièrement encourageant.»

instantanes. «certains employés de labos m'ont confié avoir entendu des histoiries de collègues conservant un double des photos les plus intéressantes. On m'a mème parlé d'un homme qui s'était constitué un album de ces images, composé en majorité de porno amateur, qu'il conservait près de sa machine à café. je crois que c'est un phénomène très répandu. c'est dans la nature humaine d'être curieux. Je reste persuadé que les clients sont conscients que la personne qui développe leurs photos, parfois tres intimes, va les regarder et éventuellement en conserver un double. Mais ils refoulent cette idée, car il faut bien les faire développer quelque part [rire]. J'ai moi-même pris des photos intimes d'une copine, que j'ai apportées au labo sans état d'âme.»

du clip au cinéma. «j'ai voulu que la technique soit au service du propos. j'ai fait attention de ne pas en rajouter visuellement sans raison. certains critiques vont toujours trouver le moyen de dire: "oh, encore un réalisateur de clip qui fait son film." mais prenez un film de scorsese, qui est de toute évidence un génie: sa technique est très présente, agressive. s'il venait du clip, les critiques l'assassineraient pour ça. mais comme il s'agit de scorsese, cette technique agressive relève du génie. si vous avez réalisé ne serait-ce qu'un clip, cette technique devient superficielle et arrogante. si elle sert votre propos et apporte une dynamique, je ne vois où est le problème. il n'y a pas de mal à être "cinématique"! j'ai voulu que le film soit visuellement interéssant, ce qui est le principe même du cinéma, non?»

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